Catégorie : CTS

25 février 2019

Colloque du 16 Février 2019

Discours d’ouverture du Dr GOMBEAUD

 

 

Bonjour à tous,

Merci de votre présence nombreuse qui démontre

D’une part  l’importance et le caractère très actuel  (dans l’actualité) de nos débats concernant les thèmes choisis

D’autre part l’implication  du CTS* dans ces domaines si importants pour la Seine Saint Denis

 

Merci également à Mme Di Natale directrice du GHI** ….qui a spontanément proposé que ce colloque se tienne dans ces murs et qui a dirigé l’organisation pratique de cette demi-journée…

 

La relation ville hôpital thème de cette journée…

quel vaste sujet dont une des  clefs  est la réussite du virage ambulatoire que tout le monde attend mais qui va nécessiter un effort considérable des deux cotés des murs de l’hôpital

Le CTS a déjà donné un avis il y a quelques mois sur ces sujets pendant la préparation du PRS II et il apparaît que l’actualité récente donne à cet avis un caractère prémonitoire.

 

Que disions-nous ??

Qu’avions nous conclut ???

 

1/ Que le Virage ambulatoire  impliquait la réussite des plans de modernisation de l’hôpital public comme privé (ce dernier a déjà bien avancé sur ce sujet) et surtout qu’il doit  s’associer  à une transformation sans précédent de l’ensemble du système de santé

2/ Que la mise en place de ce principe nécessite en effet  des ajustements à tous les niveaux des paliers de soins. Cela sera particulièrement nécessaire dans notre département où des obstacles culturels et sociaux vont non seulement rendre complexe la généralisation de ce virage ambulatoire mais aussi présenter des risques non négligeables sur la situation sanitaire de l’ensemble de la population.

 

Nous nous sommes appuyés sur l’expérience déjà longue de nos confrères Canadiens concernant cette évolution qui ont bien mis en évidence les conséquences de cette « révolution » sur

  • les usagers,
  • les soignants
  • et les aidants.

Cela nous permet de penser que :

 

Dans le cas où un transfert des charges médicales, para médicales et sociales de la structure hospitalière vers les structures de ville ne pouvait pas être organisé préalablement à l’hospitalisation, il apparaît évident qu’il imposera de nouvelles contraintes en soins bénévoles qui seront alors assurés par les familles et particulièrement les femmes (filles, belles filles etc…).

Cela va alors entraîner, d’une part, un transfert technique et plus accessoirement financier, d’autre part, un transfert des responsabilités non négligeable (par exemple, en pré hospitalisation les soins d’hygiène spécifiques : lavage, rasage, shampoing, etc… et, en post hospitalisation, assurer le suivi à domicile, l’alimentation, l’hydratation, et l’hygiène intime qui sont indispensables.

 

Ce transfert aura pour tous comme conséquence une modification profonde des relations interfamiliales ainsi que des interactions travail/responsabilités familiales. Et cela d’autant plus que des patients de plus en plus lourds sont impliqués dans cette démarche

 

Il apparaît clairement que la pression pour plus de rentabilité et d’efficacité qui s’exerce actuellement sur les établissements et donc l’obligation de disposer au plus vite de la rotation de lits d’hospitalisation, risque de diminuer les critères actuels de sécurité préalables à toute sortie des patients, tels que la possibilité  pour ces derniers d’un lever autonome et la  réalisation de  quelques pas dans la chambre.

 

  • Concernant les aidants

La généralisation de ce programme va donc entraîner  des  modifications sur la structure organisationnelle des familles désormais en partie  responsables des soins pré et post opératoires

Un malade à la maison va amener à une augmentation des taches liées aux besoins essentiels de la vie quotidienne et de la charge de travail ménager usuel.

Cela peut entraîner une réduction de l’activité professionnelle avec les conséquences inhérentes sur la carrière de ces aidant(e)s.

Bien entendu, la solution réside en partie dans le passage régulier de soignants assurant l’essentiel des soins techniques et la surveillance des paramètres vitaux (par exemple le passage quotidien d’une sage-femme et d’une puéricultrice après un accouchement, l’intervention de l’HAD, d’un SSIAD ou d’une infirmière libérale ou d’un kiné, selon le niveau et la quantité de soins techniques requis à domicile).

C’est là que le bât blesse…

Dans le contexte spécifique de la Seine Saint Denis, une telle organisation des soins de ville apparaît non seulement hypothétique mais parfois comme totalement irréaliste dans certaines communes et quartiers.

 

  • Concernant les soignants à l’intérieur de la structure hospitalière

La fatigue accrue du personnel médical et para médical est patente et s’aggrave avec la rotation de plus en plus rapide des patients. L’accentuation de cette rotation va encore augmenter la pression sur ces personnels. Faut il citer la situation des hôpitaux psychiatrique et  les drames récents, gréves de la faim, burn out ou pire encore ….

 

  • Pour ce qui concerne les soignants exerçant à l’extérieur de la structure d’hospitalisation,

Il apparaît clairement que la désertification croissante et semble-t-il pour l’instant non contrôlée dans le Département, impliquant médecins comme para médicaux, voire personnels sociaux va être lourde de conséquence sur les risques de non prise en charge des soins de suivi à domicile dans cette évolution qu’on nous présente comme inéluctable.

 

Il apparaît comme probable que la hausse du travail qui sera demandée à la ville se fera aux dépends des activités moins prioritaires telles que l’accompagnement relationnel, l’écoute, la prévention et plus généralement l’ensemble des activités concernant les autres patients.

 

Ces contradictions ne pourront être surmontées que si un travail de fond réunissant tous les professionnels quelques soient leur mode et leur lieu d’exercice, soit mis en place afin de définir les préalables indispensables quant à la qualité et la sécurité des sorties de l’hôpital, qui ne soient pas uniquement constitués des seules priorités de gestion de ce dernier.

 

La mise en place en cours, d’une PTA*** (sur une zone pour l’instant réduite du 93)  apparaît comme une réponse envisageable à plus ou moins long terme, mais elle semble encore trop balbutiante pour pallier aux difficultés prévisibles immédiates de l’extension du virage ambulatoire. Cela d’autant plus que son mode organisationnel est à ce jour encore non clarifié pour beaucoup.

L’utilisation de logiciels pouvant communiquer, interopérables, et simples à utiliser est en cours ;

Nous verrons si le consensus sur ce problème peut se faire sur une coordination unique issue de la ville peut se mettre en place dans les mois qui viennent…

 

 

  • Quant au problème de l’importance de l’hôpital dans la chaîne des soins

qui semble-t-il est présenté comme devenant moins central dans le processus de virage ambulatoire (plus de ville et moins d’hospitalo-centrisme). Il ne nous paraît pas certain que ce virage diminue son rôle.

Il se contentera de le modifier…

En fait, dans ce cadre, le domicile devient une mini-extension de l’hôpital, l’exemple en est l’HAD… cette mini extension concerne le « cure », l’hôpital laissant aux aléas et aux capacités inégales de chacun la responsabilité du « care ». (qu’on peut traduire par soins mutuel, prendre soin, donner de l’attention manifester de la sollicitude…..) Cette séparation (cure and care) est totalement artificielle et nous apparaît comme préjudiciable non seulement à la relation ville-hôpital mais aussi plus simplement à un fonctionnement complémentaire des deux activités.

 

Ce processus dont la motivation principale est essentiellement financière, nous semble porteur de difficultés importantes et cela particulièrement dans notre Département qui présente un taux élevé de la population ne disposant pas des moyens financiers, culturels et sociaux d’en assumer la charge

La désertification médicale majeure qui pèse sur l’activité des professionnels de ville dans le 93 va rendre plus complexe  la compensation que va représenter le  «transfert de charges » que suppose un virage ambulatoire dont la mise en place s’accélère

Le processus risque de surcroît, de modifier durablement les équilibres familiaux pour les familles concernées, et d’accentuer encore une fois l’inégalité homme/femme au travail par une « assignation » des femmes à l’accompagnement à domicile d’un proche malade. Ces risques potentiels n’ont d’ailleurs, à ma connaissance, jamais été étudiés en France.

 

Ces thèmes sont l’objet de notre première table ronde  j‘espère que ce débat nous permettra de mieux comprendre comment les acteurs à  l’intérieur comme à l’extérieur de l’hôpital envisagent cette véritable Révolution….

 

Le but en est clairement de participer au débat pour ouvrir des perspectives …

Mais, bien sur un débat entre acteurs ne suffira pas … Depuis 20 ans l’irruption des associations de patients  (on dit maintenant d’usagers) a transformé nos habitudes, nos routines et nos méthodes de travail, cela est non seulement positif mais la condition même de la réussite  particulièrement en Seine Saint Denis.

Les inégalités d’accés aux soins ne sont pas que des problèmes financiers (90% des actes au tarif conventionnel), il s’agit aujourd’hui de problèmes culturels, sociaux tout autant qu’économiques !

 

-Comment la transformation du système de santé va-t-elle modifier le fait que par exemple les cancers dans notre Département sont non seulement plus fréquents, mais aussi plus graves et plus mortels qu’ailleurs

-Comment réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

-Comment agir sur les déterminants de santé.

Voilà l’enjeu majeur des transformations en cours !!!

 

 

Notre deuxième table ronde va débattre des partenariats publics/ privés

Il s’agit peut-être là de l’une des nombreuses réponses à la question des inégalités de santé

Cela ne pourra pas être une simple répartition des tâches par ex tel cancer traité à tel endroit et tel autre ailleurs

Cette orientation est un peu ce que l’on croit percevoir par exemple avec la gestion des autorisations, les couplages d’activité d’une structure à une autre etc….

Cela ne pourra pas fonctionner de cette façon c’est beaucoup plus compliqué,

Ce qui est sûr, cependant, c’est qu’on ne pourra plus fonctionner comme maintenant.

Nous sommes tous d’accord pour décloisonner, transformer les statuts des professionnels faire participer de façon beaucoup plus importante le privé à la formation des médecins et faire à nouveau entrer les professionnels de ville dans l’hôpital ;

Nous sommes bien sûr d’accord avec ce que l’on nous présente comme un objectif prioritaire : en résumé casser les murs extérieurs de l’hôpital public

Personnellement en tant que médecin libéral exerçant en cabinet et en clinique, mais aussi salarié hospitalier et salarié d’un CMS, j’attendrai de voir…comment vont être organisés les exercices mixtes qui semble faire partie du plan 2022

(mais je regrette accessoirement p ex me retrouver être un des derniers attachés clinicien d’un grand hôpital universitaire alors que je sais que mon poste ne sera pas renouvelé après mon départ…)

J’attends donc avec curiosité la façon dont les tutelles vont résoudre ces difficultés

 

Ce partenariat public /privé constitue donc un chantier considérable.

Collaborations entre professionnels Collaboration entre institutions, collaborations de professionnels à l’intérieur des instituts.

Il faudra respecter les différents modes d’exercice, peut être en réinventer de nouveaux, se garder d’engager des  uniformisations qui ne peuvent aboutir qu’à des désillusions et des renoncements pour ce qui concerne les professionnels les plus âgés alors que ce sont eux qui assurent actuellement une part essentielle des activités de soins  ceux dont le départ doit être retardé au maximum ce qui va nécessiter des concessions indispensables

 

En Seine Saint Denis il existe déjà des réalisations de partenariat public privé, à Avicenne, à Montreuil par ex mais il faut éviter que cela soit cantonné à telle ou telle spécialité médicale.

Il faut élargir ce processus à tous les établissements qui le désirent, à toutes les spécialités y compris la médecine générale, faire mieux participer les associations d’usagers, tout en laissant et c’est fondamental, la liberté aux professionnels de s’inscrire ou non dans ces processus c’est là l’enjeu de cette deuxième table ronde !

 

J’en arrive à la conclusion

 

Vous l’avez compris, l’objectif de cette journée n’est pas de se limiter à des  protestations, à des revendications,  même s’il y a toutes les raisons pour le faire, mais  d’ouvrir le débat au niveau Départemental, en respectant tous les acteurs et les usagers

Nous sommes à la veille d’une transformation profonde de notre système………….

L’accouchement sera difficile et nous verrons si nous avons les bons obstétriciens !

 

 

Je vous remercie

 

J’appelle donc à la tribune Madame Celine Boreux qui va modérer la première table ronde et les participants de cette table ronde

 

 

 

 

*      CTS : Conseil Territorial de Santé

**    GHI : Groupement Hospitalier Intercommunale

***  PTA : Plateforme Territoriale d’Appui

Publié dans CTS
31 janvier 2019

Avis du CTS 93 concernant le projet  « Ma santé 2022 »

 

 

Le CTS 93, réuni en assemblée plénière le mercredi 23 janvier 2019 a pris connaissance du plan « ma santé 2022 » ainsi que des éléments principaux du projet de loi relatif à la transformation du système de santé

 

1/ Le CTS et l’ensemble des professionnels partagent pour l’essentiel le constat aboutissant à la nécessité de transformer le système de santé.

Il partage notamment, la volonté affichée de soutenir les structures d’exercice coordonné.

 

 

2/ Le CTS constate que des incertitudes notables vont cependant rendre la mise en place du projet présenté très incertaine, notamment du fait du décalage entre les solutions proposées et la réalité du terrain en 2019:

  • Les délais sont manifestement trop brefs pour convaincre et garantir la participation active de l’ensemble des partenaires impliqués ainsi que des associations d’usagers.
  • La notion de CPTS, par exemple, reste à l’heure actuelle totalement obscure pour une large majorité de professionnels.
  • La réforme des études médicales telle qu’elle se profile semble transformer le premier cycle des études de médecine en «études de santé» et le deuxième cycle en «évaluations de compétences», ce qui va profondément modifier l’activité à la fois des médecins comme celle des para-médicaux.
  • Une incertitude totale règne sur les rôles respectifs des GHU, des GHT, des hôpitaux de proximité (au statut non encore défini), des établissements privés, du médico social et enfin des professionnels, qui décideraient de ne pas inclure les CPTS…

 

L’ensemble de ces incertitudes entraîne des doutes légitimes :

  • d’une part, sur la faisabilité d’un tel projet, le CTS soulignant les risques de découragement des professionnels (notamment les plus âgés) qui assurent actuellement l’essentiel du travail médical de proximité dans les territoires
  • d’autre part, il ne distingue pas comment la mise en place d’un tel projet permettra de réduire les inégalités sociales et territoriales de santé. Nous n’avons d’ailleurs pas noté d’éléments permettant d’agir sur les déterminants de santé.

 

Le CTS qui prépare, par ailleurs, un colloque sur l’offre hospitalière publique et privée en Seine Saint Denis (Le 16/02/2019), auquel participera l’ensemble des partenaires et des associations de patients du Département, reste convaincu que l’amélioration de la situation sanitaire dans le Département passe par des débats territoriaux impliquant tous les partenaires.

Le CTS regrette donc que la mise en place des textes correspondants à ces réformes passe par le mode législatif des ordonnances, ce qui rend probables des conclusions non consensuelles.

Un cahier des charges imposé pour ce changement fondamental de fonctionnement du système de santé se conclura alors, sans doute, par un  financement de coquilles vides… .

 

INVITATION 16 Février 2019

                                                                                                      Le Président du CTS 93,

                                                                                                           Dr T. GOMBEAUD

 

 

Publié dans CTS
23 janvier 2019

BULLETIN FÉVRIER 2019

SAVE THE DATE

 

Chers Confrères, Chers Amis,

 

Notre pays a besoin de réformes, et les expressions en ont été multiples ces jours ci sur les ronds-points…..

Le système de santé fait partie des revendications et l’accessibilité aux soins est le problème le plus souvent soulevé

 

L’ensemble des médecins, et tout particulièrement les médecins libéraux, sont conscients qu’il leur incombe une responsabilité dans les territoires.

 

Mais si l’on peut accepter une  responsabilité collective, elle ne peut pas être individuelle, la solution passe par une réforme profonde du système de santé, une nouvelle organisation est indispensable afin de garantir une accessibilité aux soins au plus près du patient, dans tous les territoires.

 

Pour cela, il faut:

  • recentrer le système de santé sur la médecine de ville, et
  • mettre l’hôpital dans sa vraie mission, celle du recours et de l’excellence.

 

Le début (difficile) des négociations sur les CPTS* s’intègre dans ce débat:

Les CPTS* ne doivent pas être une fin mais  un moyen:

OUI pour les regroupements, pour les coordinations…

OUI pour des financements les facilitant

 

NON à un cadre réglementaire contraint

NON au fait de considérer ”l’exercice individuel comme une aberration”

NON au seul financement des logistiques au dépend des recettes directes des professionnels

 

Ces objectifs des tutelles ne serviraient qu’à entretenir des coquilles vides…

 

Seule l’action syndicale peut être efficace pour faire de ces CPTS* les outils d’une rénovation du système de santé

UNION 93 (CSMF et SML) a regroupé plus de 60% des voix aux dernières élections professionnelles.

 

UNION 93 est le syndicat le plus apte à participer à la mise en place prochaine des CPTS* dans le Département

 

Rejoignez UNION 93 !

Adhérez en utilisant le bulletin joint ou plus simplement par internet

 

 

 

SAVE THE DATE  

 

Toutes ces questions cruciales pour l’avenir du département de santé dans le 93 seront abordées lors du colloque du 16 Février 2019 (organise par le CTS** à l’hôpital d’Aulnay stationnement facile)

 

La participation des professionnels à ce colloque est indispensable.

La procédure et les horaires vous seront rapidement communiqués.

 

 

 

 

 

Confraternellement,

 

                                                                                                               Le Président,

 

                                                                                                           Dr T. GOMBEAUD

 

 

 

 

*      CPTS : Communautés Professionnelles Territoriales de Santé

**     CTS : Conseil Territorial de Santé

Publié dans Bulletins, CTS
21 juin 2018

Madame la Ministre,

 

Dans une déclaration récente vous nous avez expliqué que :

 

“NOUS AVONS SACRIFIÉ LES POLITIQUES DE PRÉVENTION ET D’ACCOMPAGNEMENT SUR L’AUTEL DES SEULES PRESTATIONS MONÉTAIRES »

 

Dans notre Département de Seine-Saint-Denis, qui présente les tristes records en matière de pauvreté, de désagrégation économique, de réduction et d’éloignement des services publics, et d’aggravation des inégalités sociales et sanitaires, cette déclaration prend un tour très particulier.

 

Alors que de partout viennent des appels à mieux soigner la population, on voit bien qu’il s’agit en fait de soigner au mieux les lignes budgétaires !

 

C’est ainsi qu’alors que la demande de soins se porte sur des patients de plus en plus lourds et poly-pathologiques l’offre se réduit à la fois :

 

  • Du fait d’une démographie médicale et para médicale exsangue à l’extérieur des structures hospitalières
  • Mais aussi des pressions sur les services d’hospitalisation  avec comme objectifs la diminution des déficits.

Ces éléments aboutissent à la constatation d’un hôpital à bout de souffle, où les personnels épuisés (parfois au bord du « burn-out ») en viennent à des solutions extrêmes (grève de la faim), quand ils ne se réfugient pas dans la démission ou dans des arrêts de travail.

 

Les regroupements hospitaliers publics comme privés, se faisant de façon obligatoire notamment par l’utilisation de l’arme absolue des autorisations accordées, aggravent cette situation comme la mise en place sans préparation suffisante du virage ambulatoire pourtant souhaité par tous.

 

C’est l’ensemble des professionnels, des associations, des établissements participant au Conseil Territorial de Santé qui s’alarme d’une telle évolution et lance l’alerte au nom de tous les personnels concernés avec le soutien des associations de patients en demandant :

  • L’arrêt des pressions de toute sorte sur les établissements publics comme privés
  • La responsabilisation des CME des établissements
  • L’arrêt des diminutions arbitraires des lits et de la précarisation des statuts des personnels.

 

 

Nous vous prions de croire, madame la ministre, en l’expression de toute notre considération

 

 

Dr T Gombeaud                                               P Laporte

Président du CTS                                   Vice Président du CTS

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31 janvier 2018

Proposition pour que la Démocratie sanitaire et sociale fonctionne à travers la mise en œuvre du PRS2

 

Rapport du groupe de travail usagers CTS93

 

Les professionnels et les pouvoirs politiques et administratifs ne peuvent pas seuls penser l’organisation du système de santé et définir le parcours de l’usager dans sa globalité sans demander à tous les acteurs de réfléchir ensemble à la complémentarité de leurs actions en amont et non plus de façon isolée et à posteriori.

 

 

Axe 1 – Promouvoir et améliorer l’organisation des parcours sur les territoires

1- Réponse aux besoins de la population mieux ciblée plus pertinente et efficiente

 

Proposition du groupe de travail

 

Afin d’appréhender les nouvelles réalités d’un système de santé en devenir, il est important pour les usagers d’avoir un éclairage et une nouvelle compréhension sur l’évolution de ce système et d’être accompagnés.

Tout changement se doit de recueillir le point de vue des utilisateurs afin d’améliorer celui-ci.

Nous proposons :

  • La création d’un observatoire de la démocratie sanitaire et sociale avec la capacité à centraliser et analyser l’ensemble des représentations d’usagers santé et médico social (statistiques du guichet unique, CDU, CVS, CLAN, Conseil de surveillance, Commission Qualité …)
  • Les données centralisées et généralisées devront être à disposition de tous et permettront de mettre en œuvre des actions communes et non plus sectorisées (myopathie, diabète, etc.)
  1. Centraliser les évaluations des établissements médico-sociaux et établir un top 10 par catégorie comme pratiqué dans le sanitaire
  2. Secteur médico-social : adapter aux nouveaux besoins en réallouant les moyens des structures qui ne répondent plus aux critères d’évolution (modèle santé : GHT bien que le celui-ci ne soit pas un modèle le plus bénéfique pour les usagers)
  • Une culture commune de la transversalité : la lutte contre les inégalités passe obligatoirement par l’exercice des droits des usagers et une plus grande lisibilité des dispositifs
  • D’élaborer des processus de consultation des usagers /citoyens permettant d’avoir des débats publics ;
  • Des enquêtes de terrain et de satisfaction permettant de recueillir les retours d’expériences, des pistes d’amélioration etc.

(S’appuyer sur les fédérations existantes (maison de santé, création d’une fédération des CLS ? etc.)

Associer les usagers : citoyens dès l’élaboration des cahiers des charges des appels à projets

  • De simplifier les outils numériques et unifier pour éviter les pertes et la dispersion d’information ex : santé.fr ; AMELI, HAS etc.
  • Création des points d’accueil numériques généralisés dans les lieux de soins ou d’information, (pharmacie ?)

 

AXE 4 – Permettre à chaque francilien d’être acteur de la santé et des politiques sanitaires

 

 

Toute action de santé publique deviendra légitime dès qu’un consensus s’établira avec les usagers sur les actions à mettre en œuvre et permettront de modifier les comportements

 

Innovation en santé

 

Ouvrir un volet innovation en santé à destination des professionnels de terrain et usagers. Des concours d’innovation ouverts à tous permettent de:

  • Accueillir des solutions innovantes pour la qualité des soins, le parcours de soins, la communication entre professionnels et usagers, maitriser les couts…
  • Développer les liens entre les différentes professions et partager un regard bienveillant d’une activité sur une autre
  • Créer une dynamique et un intérêt au sein des populations sur la santé

 

Le virage ambulatoire

 

Il ne peut se faire que si l’on tient compte de l’échelle locale et territoriale, fondé sur la transversalité, l’échange entre les professionnels acteurs de terrain et les usagers

  • Mettre en application la fiche de sortie (check List/définissant le parcours de soins en sortie)
  • Protocole de suivi post opératoire accessible à tous
    • permettant de vérifier que toutes les conditions extérieures soient réunies pour la sortie du patient développant ainsi un maillage réseau à partir de l’hôpital  (infirmier, conditions logement, aidant etc.)
    • permettant de sécuriser la sortie mais également un retour de satisfaction des usagers et une analyse des besoins manquants-
    • permettant de conjuguer la satisfaction des patients – usagers avec une gestion de qualité de nos ressources
    • Définir une politique des aidants et développer des pôles ressources nécessaires

 

 

Publié dans CTS
29 janvier 2018

Position du CTS concernant la transformation de l’hôpital Jean Verdier

Le CTS 93 a pris connaissance de la nouvelle étape de la « modernisation » de l’hôpital public et de l’APHP dans l’est parisien.

L’hôpital Jean Verdier devrait voir disparaître ses lits d’hospitalisation pour être transformé en super centre de santé (15 consultations de spécialités médicales et chirurgicales ainsi que le transfert du CMS de Bondy (pour les médecins généralistes) qui serait intégré ou positionné devant l’ancien hôpital.

Le pôle mère-enfants (objet de financements considérables ces dernières années) serait transféré sur Avicenne…

Les urgences qui seront maintenues sur le site ne disposeront pas de lits d’aval spécialisés mais d’un « service de médecine » dont on peut craindre qu’il serve de file d’attente pour une hospitalisation plus spécialisée qui se fera, quand cela sera possible et là où cela sera possible …

 

Le plateau technique sera maintenu et ouvert de façon « préférentielle » aux Bondynois.

 

Après avoir reçu longuement sur ce sujet les représentants du Groupement Hospitalier Universitaire, le CTS dans lequel les avis restent partagés sur cette évolution s’étonne d’un certain nombre d’éléments :

 

1/ Le choix économique qui prévaut manifestement dans cette opération et qui semble théoriquement cohérent dans le contexte actuel de diminution de l’offre d’hospitalisation classique de soins semble avoir été fait sans étude d’impact sur l’offre territoriale de soins en général.

 

2/ On peut se poser la question de savoir quelle structure médicale quelque soit son mode de fonctionnement pourrait envisager une installation ou une succession dans le cadre de cette commune voire au delà sur les communes de proximité ??

Il reste 70 praticiens libéraux à Bondy dont une vingtaine de spécialistes (la quasi totalité exerçant en secteur I). La difficulté pour ces professionnels de mettre en place une association ou une succession risque dans ces conditions de devenir insurmontable.

Le centre municipal de santé ne pourra assumer une offre de soins de premier recours suffisante pour pallier cette désertification programmée.

Cette opération risque ainsi d’entraîner une difficulté majorée d’accès aux soins pour le territoire qui ne pourra pas être compensée par la création de six ou sept consultations supplémentaires de l’hôpital notamment au regard des spécialités concernées.

3/Par ailleurs concernant l’accès à l’hôpital, les perspectives financières qui seraient nécessaires afin d’assurer une transition cohérente entre les différents hôpitaux du Département, ne semblent absolument pas garanties.  Il semblerait même que les budgets accordés récemment ne seraient destinés essentiellement qu’à prolonger la durée de vie des services que l’hôpital Avicenne sera bien incapable d’absorber. Il faut rappeler le transfert du service de cancérologie en 2012, de la stérilisation en 2013, de la chirurgie digestive en 2015 de la stomatologie en 2016… Il s’agit donc bien d’une opération de longue haleine qui fait suite à la disparition progressive de certains hôpitaux de l’APHP ainsi que de nombreux établissements privés…

Le Conseil Territorial de Santé s’inquiète de cette évolution marquée par la poursuite de la concentration hospitalière.

Il regrette le caractère tardif de la concertation et sera attentif au risque de désertification accrue que ce projet porte en lui.

Il reste désireux de participer à l’évolution en cours des structures hospitalières et souhaite la participation de tous les professionnels concernés ainsi que des représentants des usagers et des élus à toute initiative concernant ce sujet.

 

 

 

Publié dans CTS