BULLETIN AVRIL 2019

 

Les bons et les mauvais médecins

 

Avant, il y  avait les bons médecins :

Ceux qui étaient disponibles 24/24,

Ceux qui prenaient le temps d’écouter, de compatir d’accompagner, de prendre en charge dans tous les domaines,

Ceux qui appelaient leurs correspondants spécialistes pour leur proposer un dossier, voire qui passaient dire un mot à leur patient hospitalisé,

Et qui, pour finir avaient 500 personnes à leur enterrement

Mais ça, c’était avant…

 

Aujourd’hui  les bons médecins ce sont

Ceux qui sont correctement informatisés et mis à jour tous les mois,

Ceux qui sont reliés en temps réel avec leurs correspondants hospitaliers, ces derniers pouvant ainsi  leur proposer d’envoyer le patient aux urgences, «j’ai-plus-de-lit»

Ceux qui sont inscrits sur « doctolib », et qui n’ont de contact qu’électronique avec les confrères et les malades qui les consultent en fonction des délais ou des horaires de Rendez-Vous affichés , ainsi que de notations  aléatoires et qui, désormais, consultent à distance par internet.

Bien sur, ces bons médecins exercent en MSP*, dans une CPTS**, participent aux MMG*** et aux PTA****, vont aux FMC***** ou comptabilisent leur séances de formation à distance, ce qui leur permet d’augmenter leurs revenus à partir de forfaits, de primes, de prises en charges diverses et de plus en plus incompréhensibles..

Le modèle qu’on leur propose est de disposer « comme en Allemagne » d’une patientèle de plus de 3000 personnes dont ils ne peuvent se souvenir, ni du nom ni des conditions de vie… des patients consommateurs, de plus en plus exigeants, parfois agressifs, et qui, à leur décharge, ont des conditions de vie et de travail difficiles, parfois humiliantes, encadrés de petits ou de grands chefs méprisants, mais surtout qui sont atteints de poly-pathologies, majorées par l’âge et les conditions de vie.

 

Comment s’étonner alors des difficultés pour trouver un remplaçant à des conditions honorables, et à fortiori un successeur

Comment s’étonner des réticences à l’installation, mal compensées par les aides indiscutables des tutelles pour l’installation en zone fragile.

La loi santé arrive à son début d’application et ne va évidemment pas changer grand chose à nos problèmes quotidiens; Nous sommes les plus concernés et les plus à même de changer ces paradigmes ; Mais si nous restons isolés, rien n’est possible.

 

Venez discuter avec nous, intervenez dans ce débat et pour cela nous ouvrons une discussion sur ces thèmes cruciaux pour l’évolution de nos métiers

 

Rejoignez nous en adhérant à l’espace de liberté que représente UNION 93

 

Confraternellement,

                                                                                                               Le Président,

                                                                                                           Dr T. GOMBEAUD

 

*         MSP  : Maison de Santé Pluriprofessionnelle

**       CPTS : Communautés Professionnelles Territoriales de Santé

***     MMG : Maison Médicale de Garde

****   PTA : Plateforme Territoriale d’Appui

***** FMC : Formation Médicale Continue

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